jeudi 29 juin 2017

Vu, à Chaillot, le dernier spectacle du Nederlands Dans Theater.


Le NDT est, assurément, l'une des meilleures compagnies de danse contemporaine au monde, longtemps dirigée par Jiri Kylian, chorégraphe exceptionnel, et désormais menée par Sol León et Paul Lightfoot, deux anciens danseurs de la compagnie. Le spectacle présenté est composé de trois ballets, deux créés par ces deux chorégraphes et l'un par Crystal Pite, la chorégraphe de Vancouver qui  nous a tellement éblouis l'an dernier avec " The Seasons'Canon " créé pour l'Opéra de Paris.
- "Safe as Houses" de León et Lightfoot est, comme les deux autres ballets, magnifiquement dansé. Mais il est  décevant parce qu'un peu esclave de son décor, un mur tournant autour d'un axe un peu comme l'aiguille d'une grosse horloge. Ce décor tournant est obsédant et obère les mouvements des danseurs qui passent au second plan, en même temps qu'il empêche le déploiement d'une chorégraphie construite.
- " In the Event"  de Crystal Pite est plus intéressant et abouti. Huit danseurs, hommes et femmes, forment un groupe très "soudé" physiquement, formant chaîne ou bloc compact, réagissant à des impulsions comme des décharges électriques issues d'un orage qui gronde. C'est bien fait, harmonieux et toujours magnifiquement dansé.
- Mais le clou du spectacle vient en troisième, avec " Stop-Motion " de Sol León et Paul Lightfoot à nouveau, d'une formidable harmonie,  pour huit danseurs et des pas de deux qui se succèdent sur une musique de Max Richter très apaisante. Remarquable ballet.

lundi 26 juin 2017

Vu « Le vénérable W »

Vu « Le vénérable W », film-documentaire de Barbet SCHROEDER avec un texte lu par la femme du réalisateur, Bulle OGIER.
Le vénérable « W » en question est un moine bouddhiste dénommé WIRATHU et il anime, en Birmanie, un mouvement bouddhiste qu'on peut qualifier d'intégriste et violent contre la présence d'une communauté musulmane dans plusieurs provinces de la Birmanie. Depuis quelques années, c'est une véritable guerre des religions, terriblement violente, avec des centaines de morts (certaines images du film sont insoutenables) qui oppose là-bas, sans que la communauté internationale ne s'en émeuve vraiment, ces deux communautés.
Trois réflexions :
- je croyais le bouddhisme être une religion de non-violence … erreur. Elle a donc son intégrisme violent, terriblement violent et ce WIRATHU est un fasciste véritable.
- le discours de cet homme et ses proches, « on n'est plus chez nous », « ils portent atteinte à notre identité », « ils nous volent nos emplois », rappelle d'autres discours …
- tout cela se fait sous les yeux passifs d'un régime toujours militaire dont « la grande dame », AUNG SAN SUU KYI semble malheureusement otage.

vendredi 23 juin 2017

Les récentes mésaventures de François Bayrou et sa conférence de presse tonitruante d'hier, ont relancé le débat sur cette sacro-sainte transparence que l'on met à toutes les sauces.


« Le peuple exige la transparence de ses élus" crient les commentateurs, plus exigeants avec les autres qu'avec eux-mêmes, quand tel ou tel philosophe dit ses craintes devant une "dictature de la transparence" qui menacerait nos libertés individuelles et collectives. Eh bien ! Si ce débat vous intéresse et il est, de fait, intéressant, vous pourrez aller voir bientôt "The Circle ", le dernier film de James Ponsoldt avec Tom Hanks et Emma Watson, que j'ai pu voir hier soir en avant-première. Ce n'est pas, à proprement parler, un film de fiction mais plutôt d'anticipation : il se passe à San Francisco dans ..."quelques" années, mais peut-être pas tant que ça, dans une grande entreprise mondialisée du type GAFA.  Et, justement, The Circle - c'est le nom de l'entreprise en question parce que son siège social est construit comme un immense cercle - fait de la transparence l'alpha et l'oméga de son projet qu'il faut bien qualifier d'idéologique autant que d'économique, cette transparence étant selon elle  la condition incontournable des libertés, de la démocratie et de la sécurité. Rien que cela. Sauf que...sauf que, bien sûr, rodent derrière tout cela des risques, de vrais risques qui touchent à ce qu'on peut bien qualifier de totalitarisme. Risques que la jeune Mae, magnifiquement jouée par Emma Watson, va prendre en pleine face.


vendredi 16 juin 2017

Lu "Mes Méditerranées" de Daniel Herrero

Lu "Mes Méditerranées" de Daniel Herrero, aux éditions de l'Aube. Petit livre d'entretien avec José Lenzini sur la thématique des racines, de la nature profonde et de la Culture méditerranéennes de l'auteur.
Daniel est un ami et je n'en parlerai pas avec la moindre objectivité. Il est venu du rugby avec le talent et la réussite que l'on sait, pour en arriver au voyage à travers le monde et au goût profond du récit, oral ou écrit , avec la passion de la transmission, de l'échange.
Sa famille était espagnole, immigrée de la 3eme génération pour ce qui le concerne. Une immigration économique, celle de la pauvreté, qui s'est d'abord posée sur les terres du Languedoc avant de rejoindre Toulon , "sa" ville. Daniel est espagnol, occitan, provençal et , donc, méditerranéen dans le fond de l'âme. Il raconte ici ses Méditerranées, qu'il connaît si bien pour en avoir arpenté tous les rivages avec gourmandise depuis des années. Car Daniel est un très beau voyageur, celui de la solitude ou des petits groupes, celui des trecks et des bivouacs, des levers et des couchers de soleil, celui du goût des autres et de l'échange, de l'ouverture à l'altérité enrichissante, qu'il traduit dans des carnets de voyage avec des croquis très spontanés et riches. Mais, curiosité, Daniel n'aime la Méditerranée que pour ses rivages, ce qui est déjà beaucoup, mais sans attirance pour le large et les bateaux qui peuvent la sillonner. Je l'y ai attiré, pourtant, une ou deux fois, avec prudence. Je crois qu'il n'a pas autant détesté qu'il y paraît. Et je ne désespère pas de revenir à la charge pour un projet ambitieux, auquel il fait indirectement allusion dans ce livre : remettre nos pas dans ceux d'Ulysse....compagnero, porque no ?
Il faut accepter la défaite, la reconnaître honnêtement.
Il faut respecter le verdict des urnes, le choix des électeurs.
Il faut savoir perdre, avec dignité, avec élégance .
Tout autre commentaire risquerait de verser dans l'amertume, la vanité ou l'aveuglement.
Une nouvelle vie commence !

mardi 13 juin 2017

lundi 15 mai 2017

Je souris, mi-ironique mi-indulgent...




Je souris, mi-ironique mi-indulgent, quand je vois que la grande vague de " dégagisme " 

qui a ravagé le débat politique pendant l'élection présidentielle, et dont je croyais qu'elle était essentiellement l'apanage de Le Pen ou de Mélenchon, a désormais gagné largement les responsables du nouveau parti présidentiel. Ainsi donc le "sortez les sortants" devient le nouveau slogan à la mode.

Je souris, mi-ironique mi-indulgent devant cette poussée de  " jeunisme " selon laquelle du passé il faudrait  donc faire table rase, comme si le futur d'un pays, d'une société , ne pouvait se construire que dans le reniement de son passé, de son histoire, comme si l'expérience n'était plus une vertu mais une tare indélébile...

Je souris, mi-ironique mi-indulgent, d'entendre le Président de la commission d'investiture du nouveau parti présidentiel, expliquer fraîchement du haut de ses 70 ans et de ses 34 ans de mandats électifs locaux et nationaux, que l'élu ancien et expérimenté, voilà l'ennemi ! 

Je souris, mi-ironique mi-indulgent, quand je vois que se multiplient les "couacs" dans ces investitures, là  un conseiller du président-sortant  qui renonce, ici un député socialiste qui dément, là un candidat dénoncé par le Crif , ici un président de club de rugby qui dément , comme quoi le neuf n'est pas toujours professionnel...

Je souris, mi-ironique mi-indulgent, quand je vois que ce parti investit dans la circonscription dont je suis l'élu, un homme " neuf", sans passé politique , puisqu'il a déjà été membre de l'UDF, du Modem, de l'UDI, et qu'il fut le délégué départemental de Juppé à la primaire de la droite.

Je souris, mi-ironique mi-indulgent, en constatant que ce parti ne semble  pas plus respecter  ses militants dont je comprends l’amertume, que les critères qu'il affiche publiquement avec une certaine arrogance,  quand il investit un candidat qui n'était pas militant d'en marche  et qu'il n'avait nullement déposé sa candidature " dans les règles " comme ils disent... c'est cela sans doute la nouvelle façon de faire de la politique. 

Je souris, mi-ironique, mi-indulgent, d'entendre cet homme, maire de Bagnères de Bigorre, expliquer à ses concitoyens que ce mandat est celui auquel il tient le plus sans leur dire qu'il est candidat pour ne plus l'être. À moins qu'il ne dise pas aux électeurs de notre circonscription, qu'il se présente pour  ne pas être élu afin de rester maire. C'est sans doute cela la transparence et la sincérité de cette " nouvelle manière " de faire de la politique...

Je souris, mi-ironique mais un peu moins indulgent, quand je vois le maire de Tarbes, chef de la droite locale, envisager de se porter en soutien du candidat du parti présidentiel en ne présentant pas de candidat de droite, puisque le seul objectif valable serait de " sortir le sortant", en me donnant des leçons de renouvellement, lui qui doit avoir 5 ans de plus  que moi et qui fut député 7 ans avant moi, et au nom du " mal" que j'aurais fait à notre département , lui qui est le meilleur juge  du bien et du mal puisqu'il est mis en examen trois fois pour des affaires privées et publiques...Et je souris mi-ironique mi-indulgent quand je constate que ce soutien si peu estimable et bien compromettant ne paraît pas gêner celui qui veut défendre le renouveau de la politique..

Oui, je souris, mi-ironique mi-indulgent devant tout cela.

Et je me dis bien modestement qu'il y a sans doute un moyen d'aider plus  et mieux le nouveau Président. En défendant le territoire de Bigorre dans la sincérité et le respect des électeurs. En homme loyal, qui affiche clairement son soutien au Président sans arrière-pensée ; en homme debout, la tête haute, fort de ses convictions d'homme de Gauche qui ne renie pas ses engagements,  de républicain laïque depuis toujours ; en homme-libre qui ne sera jamais un godillot car les meilleurs amis sont ceux qui disent la vérité.